Performances clés
Caractéristiques techniques
Moteur
- Cylindrée
- 998 cc
- Puissance
- 180.0 ch @ 12500 tr/min (132.4 kW)
- Couple
- 107.9 Nm @ 10500 tr/min
- Moteur
- 4 cylindres en ligne, 4 temps
- Refroidissement
- liquide
- Taux de compression
- 12.7:1
- Soupapes/cylindre
- 4
- Arbres à cames
- 2 ACT
- Alimentation
- Injection
Châssis
- Cadre
- deltabox V double poutre en alu
- Boîte de vitesses
- boîte à 6 rapports
- Transmission finale
- Chaîne
- Suspension avant
- Fourche téléhydraulique inversée Ø 43 mm, déb : 120 mm
- Suspension arrière
- Suspension AR monoamortisseur, déb : 130 mm
Freins
- Frein avant
- Freinage 2 disques Ø 310 mm, fixation radiale, étrier 6 pistons
- Frein arrière
- Freinage 1 disque Ø 220 mm, étrier 2 pistons
- Pneu avant
- 120/70-17
- Pneu arrière
- 190/50-17
Dimensions
- Hauteur de selle
- 835.00 mm
- Réservoir
- 18.00 L
- Poids à sec
- 177.00 kg
- Prix neuf
- 13 790 €
Présentation
La question mérite d’être posée : jusqu’où peut-on pousser le concept d’une hypersportive sans la rendre totalement aseptisée par l’électronique ? En 2008, Yamaha répond avec cette YZF-R1, une cinquième génération qui marque un tournant technologique aussi radical que risqué. Exit la légendaire culasse à 20 soupapes, place à un conventionnel 16 soupapes, mais surtout, bienvenue dans l’ère du tout-piloté avec les systèmes YCC-I et YCC-T. Le premier fait varier la longueur des cornets d’admission pour combler le fameux « trou » dans les mi-régimes, une faiblesse historique de la R1 face à la GSX-R 1000. Le second, le Yamaha Chip Controlled Throttle, joue les modérateurs entre votre poignet et les papillons. Résultat ? Une puissance de la Yamaha YZF-R1 1000 2008 officiellement annoncée à 180 chevaux, avec une pointe mesurée proche de 190 chevaux en conditions réelles grâce à l’effet de suralimentation dynamique. Un chiffre qui place la machine dans la cour des très grosses références, même face à une Suzuki GSX-R 1000 K7 pourtant redoutablement homogène.

Sur le papier, tout cela sent bon la course. Le cadre Deltabox est rendu plus rigide, le bras oscillant allongé et renforcé, et les freins font un bond en avant avec des étriers radiaux monoblocs à six pistons, une première sur une série. Pourtant, en selle, la bête surprend par son abordabilité. Le poids à sec de 177 kg, couplé à une hauteur de selle de 835 mm, n’en fait pas la plus accueillante pour les petits gabarits, mais son centre de gravité bas et son équilibre général instillent une confiance immédiate. Le moteur est la vraie révolution. La puissance est là, massive, mais elle est livrée avec une progressivité trompeuse. L’électronique lisse les à-coups, étire le couple, et donne l’impression déroutante de piloter une machine moins nerveuse qu’elle ne l’est réellement. C’est terriblement efficace, surtout en piste où la stabilité et la sortie de virage sont rois, mais certains puristes y verront une trahison, une forme de filtration des sensations brutes. Le prix de cette Yamaha YZF-R1 1000 neuve à l’époque, 13 790 euros, se justifiait par cette débauche technologique, mais interrogeait sur son utilité réelle pour le routard lambda.
Car c’est bien là le cœur du débat. Cette R1 est une arme de piste affûtée, une « factory superbike » à peine déguisée, dont les performances sont largement sous-exploitées sur route ouverte. Sa consommation moyenne, si l’on ose en parler pour une telle machine, sera élevée, et son réservoir de 18 litres impose des pauses fréquentes si on la sollicite. Elle vise clairement le pistard exigeant ou l’amateur de sensations fortes qui accepte de déléguer une partie du contrôle à la silicon. Comparée à ses consœurs, elle gagne en sophistication et en aplomb à haut régime, mais perd peut-être un peu de cette âme brute et imprévisible qui faisait le charme des générations précédentes. Les avis sur la Yamaha YZF-R1 1000 2009, une évolution très similaire, iront d’ailleurs souvent dans ce sens : un outil de performance incroyablement capable, mais qui demande une adaptation.

Finalement, cette R1 2008 est une moto de contradiction. Elle est à la fois plus facile et plus extrême, plus civilisée et plus radicale. Elle clôt une ère et en ouvre une autre, celle où l’intelligence électronique devient un pilier de la performance. Pour celui qui cherche la référence ultime de la catégorie à cette époque, prête à rafler tous les chronos, elle est un must. Pour le motard en quête de dialogue mécanique pur et simple, elle pourra sembler un peu trop policée. Une chose est sûre : en posant les bases de l’hypersportive électronique moderne, elle a définitivement changé la donne. Le prix d’une Yamaha YZF-R1 1000 de 2016 en France, bien plus évoluée encore, découle directement de cette philosophie initiée ici.
Infos pratiques
- La moto est accessible aux permis : A
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