Performances clés
Caractéristiques techniques
Moteur
- Cylindrée
- 997 cc
- Puissance
- 102.0 ch @ 9600 tr/min (75.0 kW)
- Couple
- 87.3 Nm @ 7300 tr/min
- Moteur
- Bicylindre en V à 88°, 4 temps
- Refroidissement
- liquide
- Taux de compression
- 11 : 1
- Alésage × course
- 94 x 71.8 mm
- Soupapes/cylindre
- 4
- Arbres à cames
- 2 ACT
- Alimentation
- injection Ø 50 mm
Châssis
- Cadre
- cadre tubulaire en titane
- Boîte de vitesses
- boîte à 6 rapports
- Transmission finale
- Chaîne
- Suspension arrière
- Mono-amortisseur, déb : 130 mm
Freins
- Frein avant
- Freinage Beringer
- Frein arrière
- Freinage 1 disque Beringer
- Pneu avant
- 120/70-18
- Pneu arrière
- 160/60-18
Dimensions
- Réservoir
- 17.30 L
- Poids à sec
- 184.00 kg
- Prix neuf
- 71 000 €
Présentation
Huit unités. Pas huit cents, pas quatre-vingts. Huit exemplaires numérotés, assemblés à la main à Toulouse, destinés à des collectionneurs qui ne regardent pas le prix de l'essence. La Brough Superior SS 100 Salt Racer Karslake n'est pas une moto qu'on achète pour rouler tous les jours. C'est une déclaration d'intention, une pièce de musée qui accepte d'être conduite.

Pour comprendre ce que représente cette machine, il faut d'abord savoir qui était Harold Karslake. Surnommé "Oily" par ses contemporains, cet ingénieur passionné a construit sa propre moto de compétition, la Dreadnought, fondé l'Association Pioneer Motor Cyclists, et décroché 268 médailles d'or sur les routes anglaises du début du siècle. Il était surtout l'un des proches de George Brough, pilier discret d'une marque qui a toujours su s'entourer de gens capables. Lui rendre hommage en série limitée à huit exemplaires, c'est cohérent avec l'ADN de la maison. L'édition Bert Le Vack avait ouvert la voie, la Karslake s'inscrit dans cette tradition de célébrations sobres.
Visuellement, la distinction avec la Salt Racer standard tient à peu de choses : moins de chrome, des échappements spécifiques, une livrée bleue qui allonge encore la silhouette déjà très basse du carénage, et le patronyme d'Harold gravé sur la coque arrière. Brough Superior ne fait pas dans l'esbroufe. Le V-twin à 88 degrés de 997 cm³ est délibérément mis en avant, exposé comme une sculpture industrielle au centre d'un cadre tubulaire en titane. Ce choix de matière n'est pas anodin : le titane, c'est la rigidité du chrome-moly avec un tiers du poids en moins, et une résistance à la corrosion que l'acier ne peut pas offrir. Sur une machine à 71 000 euros, c'est le minimum attendu.
Mécaniquement, le quatre-temps développe 102 chevaux à 9 600 tr/min et 87,3 Nm de couple à 7 300 tr/min. Des chiffres corrects, loin des hystéries japonaises à 200 ch, mais suffisants pour propulser 184 kg sec à une vitesse annoncée de 200 km/h. La boîte six rapports transmet la puissance par chaîne, les freins Beringer assurent les arrêts aux deux roues, et la monte pneumatique en 120/70-18 à l'avant comme en 160/60-18 à l'arrière confirme l'orientation sport-GT plutôt que circuit pur. Une Ducati Panigale V4 ou une BMW M 1000 RR jouent dans une autre cour. La Karslake ne cherche pas à les affronter. Elle leur tourne simplement le dos.
C'est là le paradoxe de Brough Superior : produire des machines sportives qui refusent la guerre des performances brutes. Le public visé n'est pas le pistard chronométré au centième, mais le passionné d'histoire mécanique qui peut s'offrir une pièce unique à six chiffres et qui comprend pourquoi une fourche de type Fior usinée dans la masse, des jantes forgées CNC et un assemblage entièrement manuel justifient ce tarif. Pour lui, 71 000 euros n'achètent pas des chevaux supplémentaires. Ils achètent du temps d'artisan, de la rareté garantie, et une connexion directe avec un siècle de culture moto britannique. C'est un marché étroit, assumé, et Brough Superior s'y tient avec une constance qui force le respect, même quand on préfère des machines moins précieuses et plus accessibles.
Infos pratiques
- La moto est accessible aux permis : A
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